Lors de la onzième édition des Zicalizes en 2007 Adrien Romedenne, président de l'association 45 Tour [Association loi 1901, ayant
but de promouvoir et de diffuser des artistes au sein de médiathèques et de centres culturels], fait la rencontre de Clinton Fearon, ancien guitariste puis bassiste des mythiques Gladiators originels et qui composa
notament le superbe Get redy sorti en 1979 chez TR Groovemaster et Virgin sur l'album
Naturality. Travaillant à l'époque au sein de la médiathèque de Juvisy sur Orge qui, avec
plusieurs autres consorts de la région, était partenaire du festival dans l'organisation d'expositions, de mini-concerts et de rencontres, l'idée vient à Adrien de proposer aux médiathèques de France des rencontres musicales avec l'artiste jamaïcain. Il
lui faudra 2 ans de travail pour voir son projet se réaliser avec un programme des plus chargés : entre le 14
mars et le 26 mars 2009, pas moins de 7 médiathèques, de Vincennes à
Orléans en passant par Toul, Nancy ou encore Caluire, reçurent Clinton Fearon pour un mini-concert suivi d'une discussion avec le public. Ce périple fut également ponctué de 2 performances acoustiques en solo de l'artiste à Annecy et Orléans.
Afin de conserver une trace de ses rencontres atypiques, 45 Tour vient de presser, à
SEULEMENT à 500 exemplaires, un 7'' de Clinton Fearon : Richman Poorman [acoustique] / Full House Dub [with Boogie Brown Band]. Affublée d'une superbe pochette illustrée par Roland Monpierre (décidément notre dessinateur est toujours dans les bons coups!), la galette translucide de très bonne facture délivre 2 très bons titres, sur lesquels la guitare est omnipr'sente comme pour rappeler la prédilection première de ce
grand artiste qu'est Clinton Fearon pour l'instrument. Un INDISPENSABLE qui, sur vos platines, connaîtra pour la plus grand plaisir de vos esgourdes des Pull Up à
répétition!
Pour vous dégoter l'objet au prix de 7,5 euros (port
compris),
vous invite à le
commander au près de 45 Tour :
Association 45 Tour
7 avenue de Loverchy
74000 Annecy
asso45tour@yahoo.fr
Si par le plus grand des hasards vous
étiez du côté de Washington, DC, USA le 28 mars
PROCHAIN, ne manquez sous aucun prétexte cette soirée Expo Lounge avec entre autre à l'affiche 2 formations
incontournables vraiment très intéressantes : FASIMBAS DUB SOUND et I-WARRIYAH, artiste à découvrir absolument !!!
LIVICATED TO CESKA
'FASIMBAS' SANKARE
Imaginée par Philippe Manœuvre, Rock and the City est une série d'émission diffusée sur Arte entre le 2
février et le 2 mars derniers. Après New York, Berlin et Paris, Kingston était le lundi 23 février 2009 la
quatrième étape de ce périple musical télévisuel, qui pointait l'ojectif sur les quartiers branchés et/ou historiques, voire ghettos dans notre cas présent, de chaque capitale étudiée et
décortiquée. Les 42mn livrées par David Commeillas1 et commenté par LE journaliste Rock Français, sont l'occasion de plonger au coeur de Kingston où la musique est
omniprésente et résultante d'un héritage culturel, véritable fierté des habitants des quartiers les plus difficiles.
Trop rares sont les images diffusées sur le petit écran mettant en lumière la Jamaïque et qui plus
est celle d'aujourd'hui pour les manquer et ne pas les conserver. Ainsi Arte vient de sortir sur EMI la série documentaire en DVD accompagné d'un plan de la ville
[détaillant les adresses incontournables!] et d'un cd qui ne déroge pas à la règle consistant à insérer des classiques de chez classique, du reste, toujours bon à réécouter
à l'image de Skylarking de Horace Andy et Althea & Donna
sur Uptown top ranking...
Et pis, entre nous soit dit, c'est tout de même un plaisir
de retrouver Manœuvre dans ce qu'il sait faire de mieux : parler de musique et faire découvrir des stars autrement moins acadèmiques et
nouvellement élues que celles qu'il côtoie depuis quelques temps !
vous propose les 20 premières
minutes du documentaire à voir absolument dans son intégralité !
Rock and the City : KINGSTON.
Port Royal, Jamaique,
1708... 1
Six navires pirates s'apprètent à participer
au Grand Défi, une course autour de l'île au
terme de laquelle est annoncé vainqueur, l'équipage ayant amassé dans ses cales le plus d'or. Cette compétition veut fêter le trentième
anniversaire de la nommination de cet ancien pirate2 de Sir Henry Morgan au poste de Gouverneur de la Jamaïque en
février 16783. C'est le départ de ce Grand Défi que vous vous apprèter à prendre en ouvrant la superbe boîte,
façon coffre à trésor, du jeu de plateau Jamaica, édité en 2007 chez GameWorks.
Imaginé par Malcolm Braff, Bruno Cathala
et Sébastien Pauchon,
Jamaica propose à
2, jusqu'à 6, joueurs d'embarquer sur le pont d'un de ces vaisseaux battant pavillon noir pour voguer au large des côtes jamaïcaines. Chaque joueur incarne un ou une pirate parmi 6 figures de la piraterie qui ont, qui plus est, réellement écumé les océans en ce début de
XVIIIème siècle : Anne Bonny (1697 - 1722†), Mary Read (1720†), Samuel 'Black Sam' Bellamy (1717†), John 'Calico Jack' Rackham (1720†), Olivier 'La Buse' Levasseur (~1680 -
1730†) et Edward 'Barbe Noire' Drummond (~1680 -
1718†). Levant l'ancre à Port Royal (future Kingston) chaque équipage charge ses cales en
doublons4, en nourriture et tonneaux de poudre, pour une
course folle parsemée de trésors (dont certains
sont de véritables malédictions!), tempètes et autres combats... de dés evidemment ! Outre des vents favorables, des batailles remportées ou des butins dénichés sur une île pirate, il faudra également user de malice, de ruse, de stratégie, d'une gestion judicieuse des ressources et de calculs d'apothiquaire pour espérer remporter
l'épreuve. Le Grand Gagnant du Grand Défi sera celui qui, à la fin de la course (fin déclarée lorsqu'un premier concurent arrive à Port Royal),
possèdera le plus d'or dans ses cales. Les derniers ne seront-il pas un jour les premiers !...
Les premières brasses à peine parcourues à peine et dèjà Jamaica met les
méninges à contribution et révèle le forban qui est en chacun de nous. Il faut avouer que l'esthétique et le design du jeu aide beaucoup à l'imagination ! La boîte de rangement, très bien pensée
et des plus soignées, renferme un matériel à la finition impeccable. Le travail d'illustration réalisé par Mathieu 'Ani' Leyssenne est tout simplement époustoufflant et splendide. Et si celà ne suffisait
point, l'artwork réserve même quelques surprises démontrant encore un peu plus le soin apporté à ce dernier : les cartes action, communes à tous les personnages, forment mises bout à bout -et
dans le bon ordre (!), une magnifique frise comtant une histoire de pirates...

Si Jamaica est jouable dès 9 ans, il faut tout de même se pencher attentivement sur la belle régle du jeu, quelque peu encombrante,
seul minuscule défaut de l'ensemble. Après quelques tours, les mécanismes du jeu maîtrisés, Jamaica promet de bons moments entre Sisters et Brothers, instant qu'il convient de passer au son de notre musique
préférée, évidemment ! A ce propos, et parce que
ne manque pas
une occasion
de trouver du Reggae là où il n'y en aurait pas !, notre musique chérie s'est bien sûr inspirée de la piraterie dans certains de ses titres ou pochettes d'album à l'image de ce Pirates choices, compilation
sortie sur Studio One en 1981, qui entre nous n'a de pirate que le titre et l'artwork ! Entre un Prince Far I, sur Head of buccaneers,
faisant un parallèle entre Morgan et le gangster Ryghing qui deffraya la chronique
yardie à la fin des 40's, et autres The Skulls dénonçant les faits d'armes de Morgan et Francis Drake avec
Black slavery days,
vous propose de retrouver à l'écoute The Viceroys avec Ya ho
enregistré en 1979 à Studio One, reprise d'un classique des ponts et navires pirates, morceau tiré de Slogan on the wall sorti sur Vice Music en
2003.
[en écoute sur RBRSelection... : The Viceroys - Ya
ho]
Jamaica est un jeu véritablement à découvrir et à partager...
1 En 1708, Port Royal n'éxiste plus ! Le 7 juin 1692, un tremblement de terre détruisit la ville portuaire, es deux tiers de laquelle passant sous le niveau de la mer. Après cette
catastrophe, l'activité commerciale de l'île se déplaçe en 1693 à proximité dans la ville de kingston qui devient la capitale administrative de la Jamaïque en 1872
2 Morgan était plus exactement flibustier. Apparus au cours des années 1630, des aventuriers anglais,français, hollandais sans foi ni loi s'organisent afin de combattre sur les mers le joug ibérique, qui a, à cette époque la main mise sur les Amériques. Naissent ainsi les flibustiers (de l'anglais free-booter signifiantcelui qui fait la guerre dans le seul but de piller), voleurs, pilleurs, violeurs et autresjoyeusetés dont la Jamaïque devient le point névralgique... Au cours des campagnes maritimes pugnitives de plusieurs moisqu'ils nommaient eux-mêmes courses, ces terreurs des mers attaquaient principalement les navires battantpavillonespagnol sous couvert de commission, une autorisation écrite émanant d'une haute autorité donnant toute légitimité à leurs actions. Né en 1635 au Pays de Galles, Henry Morgan arrive sur l'île et intègre tôt le cercle des flibustiers dont il va devenir un des chefs. Véritables terreur des équipages espagnols, il écume lesmers chassant les bateaux chargés d'or s'en retournant en Europe. Après avoir convaicus d'autres chefsflibustes c'est sur terre que Morgan remporte Panama pour le compte de l'Angleterre en 1671. En dépit d'accusationset d'incarcération pour détournement de butin, il est anobli en 1675. Sir Henry Morgan meurt en 1688 à Port Anderson en Jamaïque. InThibault Erhengardt, Histoire ancienne de l'île de la Jamaïque,de 1494 à 1838, Éditions Natty Dread, CollectionJamaica Insula, février 2009.
3 Selon Thibault Erhengardt, Morgan aurait effectué l'intérim au poste de Gouverneur de la Jamaïque en avril 1978 entre le sortant, Lord Vaughan et le remplaçant, Lord Carlisle. In Histoire ancienne de l'île de la Jamaïque, de 1494 à 1838, Éditions Natty Dread, Collection Jamaica Insula, février 2009.
4 A l’époque de la conquête du Nouveau Monde et de ses
réserves d’or, c’est l’Espagne qui impose à partir de 1497, sa monnaie d’or dans les échanges outre-Atlantique : le doublon. Le mot vient de l'espagnol "doblón", qui signifie "double". Il
s'agissait d'un double écu (escudo) ou un d'une monnaie d'or de 32 reales. Les Doublons ont été frappés en Espagne, au Mexique, au Pérou et dans la Nouvelle Grenade. En Espagne, les doublons ont
circulé de façon ordinaire jusqu'au milieu du 19ème siècle.
Gideon Jah Rubbaal
Love Rasta + Version
[ACL2000, 2008]
10'' Repress 78552N1/A.
N° 444/1000
Enregistré à Channel One,
originellement sorti sur Jah Rubbaal
et
sur Greensleeves.
PULL UP !!!
Un
bruit court actuellement dans les couloirs de la rédaction de
, comme
quoi Jahgreg et Roland Monpierre travailleraient sur un même projet, supposée collaboration dont rien ou si peu n'a encore filtré à cette
heure.
bien évidemment reste à l'affût du moindre indice, du simple brouillon en
boule au fond de la corbeille au croquis inachevé dessiné au coin d'une enveloppe, et travaille d'arrache pied afin de vous tenir informé et de coller au plus près de l'actualité de nos 2
compères...
En
attendant,
vous propose de retrouver ENFIN dans son intégralité Bob Marley & The I-threes de Roland Monpierre. Parues originellement entre mars et novembre
2008 dans les colonnes de votre blog chéri, ces planches ont été compilées et regroupées pour vous offrir aujourd'hui en
EXCLUSIVITE ce petit pamplet numérique, auquel vous accédez en cliquant sur la
brochure animée ci-dessous... Bonne (re)lecture...
JAH BLESS ROLAND MONPIERRE
GIVE THANKS
«Il a été enregistré en 1977 en Angleterre, sous
Thatcher». Barry
Ford, membre et fondateur de MERGER in livret MERGER , Exiles in a Babylon, Makasound 2009.
Se recentrant sur sa misson première, le label Makasound vient agrandir notre discothèque. La 22ème sortie du label dépoussière en effet une perle noire d'outre-Manche : Exiles in a Babylon, album tout aussi méconnu que ses créateurs, le groupe britanique MERGER. Enregistré à Londres et originellement sorti sur Ultra et Sun Star en 1977, puis repressé 2 ans plus tard chez CBS, l'opus à la trackslist judicieusement remaniée pour l'occasion, est ici agrémenté de Rebel et Freedom Fighters, 2 titres capturés en Jamaïque en 1980 au Harry J Studio. Cerise sur le space cake, Makasound offre un bel écrin à ce bijou avec une couverture s'inspirant de l'artwork du pressage de 1979, accompagné d'un très bel et complet livret.
Réalisé en l'espace de deux soirées par trois musiciens multi-instrumentistes des plus doués, Michael Dan (chants, claviers, basse et ingénieur du son), Adetokumbo Illorin (chant et guitare acoustique) et Barry Ford (chant, batterie, flûte, claviers, guitares, percussions, harmonica), Exiles in a
Babylon délaie un Reggae Roots très dense aux lignes de basse des plus travaillées et gluantes à souhaits, des arrangements ultra-riches à
l'image du Understanding d'ouverture sur lequel nos oreilles restent scotchées aux chassés croisés que se livrent une guitare acoustique
jazzy et une flûte aux envolées haut perchées. Sur des rythmiques minutieuses, soutenues et dansantes tel African lady, non sans rappeller des sonorités Blues et Rock, l'album développe des thèmes
classiques mais variés. Outre sa dévotion à Jah, MERGER dénonce le sytème en place, celui de la Dame de fer, comme
sur 77 ou Rebel, et à l'instar d'un Ghetto Child militant
donne tout son crédit à une jeunesse qui ne demande qu'à être écoutée et comprise.
Plus qu'une réhabilitation, le label
français élève litéralement Exiles in a Babylon au rang de classique, qui n'a aucunement à rougir devant des Steel Pulse, des Aswad, des
Misty In Roots et autre Black Roots. Plus de 30 ans après sa naissance, l'opus a gardé tout de sa superbe, de son authenticité, de sa
puissance. Le parcours ante-MERGER, pour le moins atypique de Barry Ford a sans aucun doute déteint
sur ces compositions ajoutant à l'ensemble la dimension d'indémodable : en ancien batteur de BB King et après avoir fondé le groupe britanique de
Funk Clancy, Ford trempe dans le mouvement Punk au sein de la formation londonienne Killway & The High Roads, enregistrant également avec The
Clash et The Sex Pistols... Rien que çà ! Au final MERGER a non seulement su concocter une belle
fusion («merger» dans la langue de Shakespeare!) des genres avec des mix
Rock, coloré blues, jazz et soul, et démontre
que le Reggae Roots Dub lourd, profond et véritablement transcendant n'était déjà plus à la fin des 70's une exclusivité jamaïcaine... Un album d'une totale et implacable réussite. Un objet
estampillé Makasound une nouvelle fois INDISPENSABLE.
Tracklist / Tracklist
originelle
01. Understanding / Life Song
02. African Lady / 77
03. Exiles Ina Babylon / Ghetto Child
04. Ghetto Child / Exiles In A Babylon
05. Waterfalls / Have You Heard?
06. 77 / Waterfalls
07. Mas a Gana / Massagana
08. Have you heard / Understanding
09. Life song / African Lady
10. Rebel
11. Freedom
Fighters
The Itals
Ina dis ya time
[Spiderman, 2008]
Repress.
Originellement sorti en 1975 sur Spiderman.
PULL UP !!!
publie le
TOP 20 du magasin parisien DUB WIZE. Ces CHARTS sont établis à partir des meilleurs ventes ROOTS (repress aux plus récents) de la boutique qui depuis 1992 est une référence INCONTOURNABLE de la capitale. Pull up !...
1.
Tony rebel – Another bill again / Remix
version [Penthouse, JA]
2. John Holt and Queen Ifrica – Ghetto queen / Bunu and
penthouse players - Queen of the dub [Penthouse, JA]
3. Sugar Minott – Righteous tradition / Ministerio del Dub – Basque dub
fondation (melodica cut) [Heartical, FR]
4. Carl Meeks – Help me jah / Biga – nah buss mi gun fa
nuhum [Furybass ound System]
5.
Terry Linen – Better man / Better
man version
[Tadds International Records, JA]
6. Nyanjah Tafari – When the love comes / Marijuana riddim [Alkamist,
JA]
7. Ras Peter - Alpha & Omega /
Version
[Meditative Sounds]
8. Gregory Isaacs – Danger
in your eyes / Danger Jazzwad Version [Digital B,
JA]
9. Garnett Silk – The rod /
Version [Digital B, JA]
10. Tippa
Irie – Rebel on the roots corner / Mad Professor –
Buccaneers' Cove [Ariwa, UK]
11. Alton
Ellis – Preacher / Lynn Tait & The Comets – Tender loving care [Treasure Isle, JA]
12. Karl Bryan –
Red ash / The Silvertones – Blue
Bird [Treasure Isle, JA]
13. Earl Flutes
and Horace Andy – Peter and Judas / Keith Hudson &
Chuckles – Satan version [Mafia, JA]
14.
I Roy – Silver platter / Keith Hudson
& Chuckles – Satan version [Mafia, JA]
15.
Big Youth – Can you keep a secret / Chuckles – Melody maker version 2 [Mafia,
JA]
16. Horace Andy & Earl Flute – Don't think about me
(I am alright) / Chuckles – Melody maker version 2
[Mafia, JA]
17. Sylford Walker – Chant down
Babylon / Request granted King Tubbystyle [South East Music,
UK]
18. U Roy – Dynamic fashion
way / Dennis Alcapone – Spanish Omega [Inbdimts Records, JA]
19. U Roy – The
Hudson affair / Soul Syndicate – Bongo riot [Rebind, JA]
20. Lord Brisco – Spiritual mambo / Baba Brooks
– Fly right [Beverley's Records, JA]
DUB
WIZE : http://www.dubwize-records.com/prd_home.php
Enfin...
vous souhaite une bonne année 2009... Paix, Amour et Unité...
Alors qu'en terre
biblique cette nouvelle année a débuté sous les bombes et les rockets pour enfonçer, encore un peu plus, deux peuples frères dans l'horreur et la peur et attisant ainsi d'avantage la haine de
l'autre, à quelques kilomètres à vol d'oiseau de là, en terre éthiopienne, on vient ce 7 janvier de fêter le Lédet, Noël local. Ayant consacré précédemment un article à ce propos, votre blog préféré vous invite à vous y repporter en cliquant ICI.
Si
l'Ethiopie n'a eu aucune influence sur le Reggae dans sa création, elle est la colonne vertébrale du Mouvement Rastafari qui s'invita à la table (de mixage!) de notre musique préférée à la fin des 60's. Sans ajouter
“il était temps”, vient de trouver place dans les bacs le témoignage d'une rencontre entre ces deux univers somme tout aussi différents
qu'indissociables dans la compréhension non seulement de l'évolution de la musique jamaïcaine mais aussi dans l'apport du Reggae à la communauté Rasta. Sorti sur Real
World, le projet Dub Colossus in a Town Called Addis est le fruit d'une collaboration à Addis
Abeba entre le britanique Nick Page, aka Dubulah, aka Dub
Colossus, et des chanteurs et musiciens éthiopiens, au nombre de cinq, originaires de toutes les régions du pays.
La rencontre de ces deux univers musicaux que l'on pourrait croire incompatibles tant ils sont extrèmement éloignés l'un de l'autre met à l'honneur avec justesse et beauté la musique Azmari et autres styles traditionnels du chant populaire éthiopien des 60's et
70's. Sous la houlette de Nick Page, c'est un doux mais épicé mélange, un subtil et envoutant compromis entre
rythmes Reggae, Dub voire Stepper, et musiques
traditionnelles oscilant entre Afrique noire et monde arabo-musulman, aux influences jazz indéniables que ces artistes ont su parfaitement concocter.
Compositeur, guitariste, bassiste et programmeur, Nick Page* a su s'entourer d'artistes hors paire, parmis les plus
talentueux aussi bien de la nouvelle génération que de véritables légendes vivantes à l'image du saxophoniste Feleke Hailu Woldemariam ou du chanteur Bahta Gerbrehiwot (vétéran des 60's). En maître
saxophoniste, Feleke Hailu, est un compositeur classique,
professeur et haut responsable à l'Ecole de Musique de Yared. Il est le garant d'une tradition famiale musicale bien antérieure aux classiques de
son pére Mahmoud Ahmed, chanteur de l'age d'or de la musique éthiopienne entre 1969 et 1978 que l'on peut retrouver sur la
sublissime et indispensable série Ethiopiques avec les volumes 7 et 19 qui lui sont intégralement consacrés. C'est à cette même école de Yared que
le pianiste d'exception classique et éthio-jazz, Samuel Yirga Mitiku, qui s'assoie derrière le clavier sur la plupart des titres de l'album, étudie. Parmis les autres musiciens qui ont participé au sessions
d'enregistrements sitons Hailu Fasika au krar (harpe traditionnelle), Getachew
Werkley à la flûte, Teremage Woretaw au messenqo (sorte de violon à une
corde), jeune artiste porteur de la tradition Azmari.Si ce dernier pose sa voix sur une poignée de morceaux dont le superbe titre d'ouverture Azmari
Dub ou le profond Sima edy, ce sont
principalement des femmes qui tiennent le micro : Sintayehu 'Mimi' Zenebe, surnommée à juste
titre 'l'Edith Piaf' de la chanson éthiopienne qui par ailleurs posséde le Club Doku à Addis Abeba, lieu consacré à la musique traditionnelle Azmari ; la jeune Tsedenia Gebremarkos
Woldesilassie interprète reconnue en son pays et habituée des radios locales, qui en 2004 remporta le Prix Kora,
récompensant la meilleure chanteuse d'Afrique de l'Est et la talentueuse Desta Fikra. Enregistré entre 2006 et 2008 principalement au Studio Wormwood situé en plein centre de la capitale éthiopenne, c'est en terre britanique dans les studio du label Real World que se dut se finaliser l'opus, l'occasion pour la plupart des artistes du cru de quitter pour une première fois le sol
éthiopien.
In a town called
Addis est une véritable invitation au voyage dans le pays du berceau de l'Humanité. Si l'influence indéniable de la musique jamaïcaine avec un
fort penchant Dub (voir electro Dub par moment) se fait sentir tout au long de ces 11 titres, c'est véritablement la tradition musicale éthiopienne qui retient l'attention et émerveille. Le krar, le messenqo et autre kebero (double tambour traditionnel) n'ont pas à rougir, loin de là, devant un piano classique éthio-jazz ou un riddim Reggae Roots à souhait. Entre poésie et envolées lyriques
envoutantes, entre traditions et sonorités contemporaines, ces artistes qui ont su travailler dans une symbiose évidente livrent un album lunaire, un opus OMNI qui trouvera place aisément dans
nos discothèques au rayon des OMNI (Objet Musical Non Identifié!)...
* Nick Page a commencé sa carrière musicale avec Michael Riley de Steel Pulse.
Après avoir fondé en 1990 avec Tim Whelam et Hammid Man-Tu, Trans-Global Underground, qui enfantera 6 albums, il quitte le groupe en 1997 pour former Temple of Sound avec Neil
Sparkes.
Traclist
1. Azmari Dub
2. Entoto Dub
3. Tazeb Kush
4. Shegye Shegitu [Blue Nile Mix]
5. Yeka Sub City Rockers
6. Shem City Steppers
7. Tizita Dub
8. Black Rose
9. Neh Yelginete
10. Ophir Dub
11. Sima Edy
12. Ambassel
13. Mercato Music